Life of the Enseignant Étranger: Part Un

Hey, gànmá vous autres? Pour les prochaines chroniques, j’ai décidé de partager ma vision de comment c’est, enseigner l’anglais à Yāntái en tant qu’étranger. Voici donc la première partie de la nouvelle minisérie: Life of the enseignant étranger!

Deux jours avant le début des cours des freshmen (les autres ont commencé une semaine avant), je reçois un texto d’une Chinoise dont je ne me souviens pas le nom: “ton horaire est prêt, viens le chercher”. Je m’exécute donc le lendemain et me rend au local 1405 du bâtiment yi fú sur le campus ouest de l’Institute of Business and Technology, où je donne mes cours et où est aussi située ma somptueuse demeure. La souriante petite femme me remet alors le papier en question: j’ai huit cours d’une heure et demi chacun, je travaille donc douze heures par semaine. Le meeting ne s’éternise pas plus longtemps et je repars, guilleret; je commence demain matin.

That’s right; pas de plan de cours, de livre(s) ou de programme fournis. Pas d’encadrement d’aucune sorte, bref: Chinese fuckall. Paraît-il qu’une genre de réunion de brainstorming entre enseignants a eu lieu au début de septembre, mais évidemment je l’ai manquée. Heureusement que Melissa de Chicago est fine et qu’elle me donne des idées pour commencer la session… bon, elle n’est pas fan des Blackhawks, mais au moins elle a un grand coeur.

Les élèves de première année et moi en sommes maintenant à la cinquième semaine de cours. Enfin, dans la plupart de mes groupes. Le matin du mercredi de la deuxième semaine, juste après le congé de la fête nationale, Chose m’appelle vers les neuf heures du matin pour me dire, un peu agacée: “Charles, tu ne t’es pas présenté à quatre de tes cours, qu’est-ce qu’y se passe?” “Calomnies!”, réponds-je immédiatement dans un mandarin avoisinant la perfection (I wish). On se met donc à vérifier mon horaire pour être certains et… il me manque quatre cours. “Ah oups, ça doit être mon erreur!” Bravo, championne. Et tu m’as réveillée, en plus… n’empêche que ça a du sens, maintenant j’enseigne bel et bien seize heures par semaine à l’université, comme le stipule mon contrat. Mon quoi? Ah oui, le papier que ni moi ni personne d’autre n’a signé…

Le début de la session c’est la “lune de miel”, tout est nouveau et tout beau. On se présente, fait quelques activités d’introduction, un ou deux jeux pour se connaître et vérifier le niveau d’anglais des étudiants. Ils sont d’abord assez timides et obéissants. Ils se lèvent pour me répondre quand je leur parle individuellement et puis ils me répondent en coeur “Hi, teacher!” quand je les salue! Ils sont tout étonnés d’avoir un Québécois de 25 ans qui sourit comme prof d’anglais, eux qui s’attendaient à un Américain bête et bedonnant ou à une vieille British sèche et maniérée… quelques filles au sourire gêné me demandent de prendre des photos avec elles. Certains élèves me donnent leur numéro de téléphone. Ils me saluent tous avec enthousiasme en-dehors des cours. Bref, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil!

J’entends des “oooohh” quand je leur dis que ma mère a quatre frères et soeurs, et que j’ai dix cousins et cousines! Ah, cette génération de la politique de l’enfant unique… pendant l’activité du fishbowl, quatre questions reviennent invariablement: “aimes-tu la Chine? Qu’est-ce que tu penses des Chinoises? As-tu une blonde?” Et, bien sûr, “veux-tu une blonde chinoise?” Ils sont curieux ces Chinois! Mais en même temps, ont-ils vraiment les mêmes sous-entendus qu’on pourrait avoir, nous, si on posait ces questions-là à notre prof de 25 ans? La plupart d’entre eux sont, pour utiliser un euphémisme, assez “innocents”. Disons qu’en général ils n’ont probablement pas vécu et expérimenté autant de choses que nous, entre 17 et 20 ans… “Qu’est-ce que t’en sais, Charles Paquin?”, me diras-tu. Pas grand-chose, je l’admets. Mais t’as juste à les regarder aller un peu, pis tu comprends que c’est encore des adolescents un peu naïfs. Des enfants élevés dans un cocon, dans une société qui change ultra-rapidement mais aux moeurs familiales encore assez traditionnelles?

Difficile à dire à ce stade-ci. Mais attends un peu, j’en ai encore pour des pelletés de chinoiseries à écrire!

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